Kim Jonghyun 김종현 「Peu importe comment vous nous appelez, nous ne sommes pas annyeong」

Posted on December 15, 2013


Difficile de passer à côté de la photo du profil Twitter de Jonghyun, qui soutient ouvertement les droits des homosexuels, fait rarissime en Corée du sud, voire unique parmi les idols de la K-pop (s’il y en a d’autres, s’il vous plaît, faites-le nous savoir !). Après tout, pédé et K-pop sont un peu les mamelles (ou les couilles, ah ah) de ce blog ! Nous reproduisons donc ci-dessous le texte très bien documenté de SHINee France sur ce sujet.

Une fois encore, Jonghyun utilise sa notoriété pour faire passer des messages importants à la communauté. Après sa photo accusant les paparazzis en août, le chanteur s’attaque aujourd’hui au sujet délicat de l’homosexualité en Corée du Sud.

La nouvelle photo de profil Twitter de Jonghyun est un message accroché sur le tableau d’information d’une université du département de sociologie. Retrouvez la traduction ci-dessous :

Peu importe comment vous nous appelez, nous ne sommes pas ‘annyeong’ (nous n’allons pas bien)

En avril dernier, la troisième tentative pour le décret d’une loi anti-discrimination a été rejetée par ceux qui ont horreur de l’égalité. En septembre, Kim Jokwangsoo et Kim Seunghwan ont publiquement célébré leur mariage homosexuel pour la première fois en Corée. Il y a eu des perturbations tels que des excréments humains jetés sur scène mais Kim Jokwangsoo et Kim Seunghwan se sont dirigés vers l’autel avec fierté comme pour prouver que « l’amour est plus fort que la haine ». Mais il y a quelques jours, leur déclaration de mariage a été refusée. Aussi, quelques personnes ont exprimé des revendications ridicules comme quoi les manuels scolaires devraient parler du problème des droits des minorités sexuelles comme un sujet à approuver ou à désapprouver.

Beaucoup d’entre vous qui lisez ceci vont penser : en quoi cela me concerne-t-il moi ou l’état actuel de la situation ? Mais puisque je le connais (Kim Jokwangsoo), je peux vous dire ceci. Que vous le vouliez ou non, c’est une situation internationale avec laquelle les minorités sexuelles, comme moi, vivent. Ces minorités qui mangent, suivent des cours, étudient et débattent avec vous tous. Il s’agit d’une autre facette de la situation actuelle de la société dans laquelle nous vivons.

Oui, je fais partie d’une minorité sexuelle. Je suis une personne transgenre, passée d’homme à femme, et je suis bisexuelle. Je suis une femme. Je fais partie de la génération ‘880 000 won’. Je suis une étudiante universitaire. Je suis descendante de la classe ouvrière. Avec quels autres noms allez-vous encore m’appeler ? Ça n’en finira jamais si vous essayez de tous les énumérer. Ce n’est pas seulement moi mais probablement vous tous qui vivez en ce moment qui êtes appelés de nombreuses façons.

Mais je ne vais pas bien, je ne suis en paix à aucun moment, peu importe le nom avec lequel on m’appelle. Aujourd’hui, non seulement la société coréenne n’est pas capable de promulguer une loi anti-discrimination, mais elle fait aussi quotidiennement des discriminations en défaveur des minorités sexuelles, distribue des critiques injustes et exubérantes ainsi que de la haine envers les femmes, exploite la jeune génération, force les étudiants universitaires à se concentrer sur les possibilités d’emploi plutôt que sur leurs travaux académiques. Quel nom devrait-on utiliser pour m’appeler afin que je sois à l’aise ?

Quelqu’un nous a demandé ceci. Êtes-vous ‘annyeong’, si on allait bien. Voici ce que je dis. Allons-nous bien lorsque nous sommes soulagés que la douleur de quelqu’un d’autre « n’est pas la nôtre », lorsque nous avons l’habitude de fermer les yeux et de nous boucher les oreilles pour protéger notre propre vie ? À quel point pouvons-nous bien aller dans un monde au sang froid qui nous pousse continuellement à abandonner l’empathie ?

Je ne dis pas que nous devrions tous inonder les rues et commencer à jeter des pierres. C’est seulement que, si cette histoire de nous demander si nous tous qui vivons aujourd’hui sommes ‘annyeong’ (si nous allons bien) nous donne l’opportunité de regarder en face la personne à côté de soi et de l’appeler par son nom, je pense que ça valait le coup. Pendant que le monde s’isole, je pense, contrairement à nos croyances, que la façon pour nous d’aller ‘bien’ est proche. En ce moment, demandez à la personne à côté de vous, s’il vous plaît, « Vas-tu bien ? ».

De l’Université Sungkonghoe enneigée,
Kang Eunha, Département de Sociologie

Note 1 : ‘Annyeong’ veut littéralement dire ‘un état de tranquillité’ ou ‘être en paix’.
Note 2 : La génération ’880 000 won’ se réfère aux difficultés d’emplois dont les jeunes coréens ayant la vingtaine vers 2007 ont souffert. La multiplication du salaire des travailleurs à temps partiel, de 1 190 000 won (800 euros), avec le taux du salaire moyen des personnes dans la vingtaine, 73%, donnait un résultat de 880 000 won. C’était la première génération coréenne parmi tant d’autres à jouer le ‘Jeu où le Gagnant Prend Tout’. Ce terme a d’abord été utilisé dans le livre ‘La Génération 880 000 won’ publié en août 2007. L’auteur, Woo Sukhoon, dit « Seulement les meilleurs, 5% des personnes ayant la vingtaine, obtiendront un emploi stable au-dessus du poste de cadre intermédiaire et les autres vivront d’emplois à temps partiel avec un salaire moyen de 880 000 won. » (naver encyclopedia/ MK Business News, news.mk.co.kr)

Il est important de noter que ce mouvement ‘annyeong’ (bonjour/vous allez bien ?) a été créé par les jeunes avec les universités en raison de récents incidents comme les ‘élections frauduleuses’, la ‘privatisation ferroviaire’ ou ‘l’accident de la tour de transmission Milyang’. Ce n’est pas seulement un mouvement politique, cela parle de tous les genres de contradictions, irrationalités et corruptions dans la société coréenne et combien nous y étions indifférents. Cela vous demande si vous allez bien, dans ce monde étrange et fou où nous sommes ignorants, indifférents et traités injustement.

La première personne à avoir écrit une lettre était un étudiant universitaire qui demandait si nous étions d’accord d’être forcés à travailler, étudier et nous tuer tandis que dans le monde extérieur, la grande puissance coule du ciment sur le mur d’un vieil homme sans autorisation afin de construire une tour de transmission. Puis les étudiants de d’autres universités ont commencé à écrire ‘des réponses’ à cette lettre contenant divers sujets comme les discriminations sociales et le sujet de l’homosexualité comme vous l’avez vu sur le Twitter de Jonghyun.

Maintenant, qu’importe qu’ils soient étudiants universitaires ou non, les gens se regroupent dans les rues pour manifester même si les médias essayent de ne pas en parler ou le font en disant qu’il s’agit d’un mauvais mouvement. Le gouvernement essaye d’arrêter les participants lorsque le sujet est directement relié à la grève des travailleurs.

Jonghyun ne soutient pas uniquement la lutte contre les discriminations liées à l’homosexualité, il soutient ce mouvement entier. Le message qu’il a envoyé en privé à la jeune étudiante en témoigne :

@realjonghyun90 : J’envoie ce message parce que je me demandais si tu n’avais pas reçu une attention non désirée ou que les choses n’étaient pas devenues problématiques à cause de mon tweet. En tant qu’artiste, en tant qu’autre genre de minorité faisant face au public, je me sens perdu face à un monde qui n’accepte pas les différences. Bien sûr cela n’est pas comparable avec ce par quoi tu es passée.

@realjonghyun90 : Je te soutiens pour exprimer le fait que les différences ne sont pas mauvaises. Je ne pense pas que tu sois une personne qui ait besoin de consolation ou d’inquiétudes. Tu es assez forte. Je te souhaite une bonne santé et une bonne fin d’année.

@eunhafree : Merci beaucoup. Je ne sais pas quels mots peuvent exprimer ce que je ressens… Merci. Sincèrement, merci. Je vais très certainement m’endurcir. Et toi aussi, Jonghyun, fait attention de ne pas attraper un rhume et reste au chaud pour la fin de l’année.

L’étudiante à l’origine de la photo de profil du chanteur a été particulièrement touchée. Elle a posté sur son Twitter « Je ne peux pas croire que Jonghyun ait fait ça. C’est incroyable. À partir d’aujourd’hui je suis une fan de SHINee. Merci. Merci beaucoup. »

Le fait que Jonghyun poste une telle icône et montre ainsi son soutien envers le mouvement, ce qui est quelque chose d’admirable. En tant qu’idole, la moindre de ses actions peut lui attirer des ennuis compte tenu du fait qu’il est considéré comme étant un modèle pour les jeunes de par son statut. Le sujet de l’homosexualité étant très délicat, c’est malheureusement sans surprise que nous trouvons déjà des propos insultants au sujet de Jonghyun sur internet. Mais bien que conscient du risque, il n’a pas hésité à exposer ses pensées à travers son compte Twitter comme il le fait souvent, toujours très honnête en dépit du qu’en dira-t-on. Concerné par son pays, Jonghyun a su montrer une nouvelle fois quel grand homme il est.

Author and translator: Nana et Lauriane © SHINee France/Correction: Tenshi © SHINee France/Date: December 15, 2013/Source: @realjonghyun90 © Twitter, 0464656494576, hyunstar, bling_saur, comme tagué ; http://www.shineefrance.net/site/35288/twitter-131214-jonghyun-est-un-grand-homme-%E2%9C%B0%E5%BD%A1/


No matter what name you call us, we are not “annyeong”(well)

Last April, the third attempt to enact anti-discrimination legislation was turned down because of those who loathe equality. In September, Kim-Jo Kwang Soo and Kim Seung Hwan publicly held a same sex wedding for the first time in Korea. There were disturbances such as human excrements being thrown onto the stage, but Kim-Jo Kwang Soo and Kim Seung Hwan marched down the aisle with pride, as to prove that “love is stronger than hate.” But a few days ago, their marriage registration was denied. Also, some people voiced ridiculous claims that textbooks should discuss the issue of the humans rights of sexual minorities as a topic you agree or disagree with.

Many of you who read this will think like this: how on earth does this concern me or the state of current affairs? But because I know him (Kim-Jo Kwang Su), I can tell you this. Whether you are pleased with this or not, this is the story of the world that sexual minorities, including myself, live through, who dine, take classes, study, and have debates with with all of you. This is another side of the current affairs of the society we live in.

Yes, I am a sexual minority. I am a male to female transgender person and I am bisexual. I am a woman. I am of the “880,000 Won” generation. I am a college student. I am one of the inheritors of the working class. What more names can you call me by? There will be no end if you tried to enumerate them one by one. It’s not just me, but probably all of you are living in the present, who are being called by numerous names.
(T/N: 880,000 Won Generation refers to the demographic of Korea in their '20s that suffered employment instability around 2007.)

But I am not okay, not at peace at any moment, with whichever name I am being called. Today’s Korean society not only can’t enact an anti-discrimination law, but discriminates against sexual minorities on a daily basis, throws rampant unfair criticism and hatred towards females, exploits the young generation, and forces college students to be absorbed with employment instead of academics. Which name should I be called by in order to be at ease?

Someone asked us this, “Are you guys annyeong,” whether we are doing well. That’s what I’m saying. Are we all well when we’re relieved that another’s pain is “not mine,” growing accustomed to closing our eyes and blocking our ears in order to protect our own lives? How well can we be in a cold-hearted world when it continuously presses us to give up empathy?

I’m not saying that we all should pour out on the streets and start throwing stones. It’s just that, if this story of asking whether all of us living today are “annyeong (well)” provides an opportunity to look into the face of the person next to you and call their name, I think this has been worthwhile. As the world becomes lonelier, I think, contrary to our belief, the way for us to become “well” is nearby. Right now, please ask the person next to you, “Are you well?”

From snowy Sungkonghoe University,
Kim Eun-ha, Department of Social Sciences

commentaires

上 TOP