Les P'tits Parisiens 「Portrait : Steve Tran」

Posted on January 16, 2016

Steve Tran, artiste explosif à l’énergie soufflante, a accepté de rencontrer Les P’tits Parisiens. Passionné par l’art de la scène, il multiplie les projets passant ainsi de comédien à réalisateur en un tour de main. Zoom sur son parcours et ses projets.

Hello Steve ! Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Steve tran : Je m’appelle Steve Tran. Tran comme pas mal de viets, mais nous n’avons aucun lien de parenté, Tran c’est comme Martin, Diawara... Un nom répandu ! Je suis né dans le 78 et je vis à Marne La Vallée dans une ville qui s’appelle Lognes. C’est un peu le Springfield Français, il y a énormément d’asiatiques... Je suis comédien/réalisateur et j’ai 30 ans.

Ton père, ton frère aîné et tes neveux sont également dans le métier. Est-ce une raison pour laquelle tu t’es lancé, toi aussi, dans une carrière artistique ?

J’ai passé des castings très tôt, à l’âge de 6 ou 7 ans, poussé par mon grand frère Jean-Claude à qui je doit tout. Mon père était de son vivant un grand artiste d’opéra vietnamien, si ce n’est le plus grand, il est parti en 1997 et j’ai tourné mon premier film en 1999. C’est peut-être pour cela que je m’accroche comme ça depuis 17 ans maintenant... Et surtout pour rendre ma mère fière de moi. Quand j’ai tourné mon premier film, j’ai tout de suite eu envie de continuer derrière mais ma mère me répétait sans cesse « Trouve un vrai métier, ici, ce n’est pas notre pays, tu es viet c’est trop compliqué...». C’est aussi une des raisons de mon acharnement ! Je suis très fier de ma nièce Mélanie Tran et de son frère Florent Tran, ils tournent beaucoup et j’espère tourner avec tous les TRAN dans un film un jour ! Mes autres neveux sont aussi artistes, certains chantent, d’autres sont musiciens et le petit dernier est un futur grand photographe !

Comment a débuté ta carrière de comédien ? Raconte-nous tes débuts !

J’ai commencé en 1999 dans un téléfilm pour France 2 de Patrice Martineau 「Rends-moi mon nom」, produit par Serge Moati, dans lequel je tenais le rôle principal, puis j’ai tourné dans des courts métrages, séries TV, téléfilms et long-métrages. J’ai tout appris sur le tas. J’ai eu un agent très jeune, et j’ai vite changé au bout de quelques mois parce qu’il ne représentait que des asiatiques. J’ai vite voulu me démarquer des autres, je ne voulais pas que l’on me propose que des rôles clichés. J’ai ensuite été représenté par Stéphane Lefebvre à qui je dois énormément. Il a représenté une grande partie des acteurs français qui fonctionnent aujourd’hui (Oumar Diaw, Paco Boublard ou encore Johan Libéreau...). Il a le flair... Big Up Stéphane ! En 2008, j’ai eu la chance de tourner dans 「Neuilly sa mère !」 sur lequel j’ai rencontré Djamel Bensalah qui m’a offert par la suite un des rôles principaux de 「Beur sur la ville」 aux côtés de Booder et de Issa Doumbia. En 2011 j’ai enchaîné avec 「La Cité Rose」, 「Les saveurs du palais」, en 2012 「Cheba Louisa」, en 2014 「Prêt à tout」, 「Le Père Noël」, 「Une histoire banale」... Mais aussi deux émissions avec mon ami, Kamel Le Magicien pour Canal Plus, des émissions sur la magie à Los Angeles puis à Tokyo.

Acteur et réalisateur, tu as la double casquette, quand es-tu passé derrière la caméra et pourquoi ?

Je suis passé derrière la caméra en 2010. J’ai co-réalisé avec Sébastien Kong un court métrage 「BooM BooM ...」. Un muet musical avec Sabrina Ouazani, Issa Doumbia et pleins d’autres comédiens. J’espère pouvoir l’envoyer en festival très prochainement. C’est un film qui me tient à cœur car nous l’avons réalisé il y a quelques années avec pas grand chose, juste de la passion et de l’amour ! Je pense que j’ai voulu réaliser, parce que je ne tournais pas assez, pas assez de castings pour les acteurs asiatiques comme moi. Attention, ce n’est pas de la victimisation, juste un fait. Je me suis surtout dit qu’il fallait être force de propositions et faire ses propres projets. Je ne veux pas être un acteur qui meurt derrière son téléphone, le temps est précieux... Nous ne sommes pas bons que pour récupérer un médaillon sacré ou venger un frère, ni être « serveur 3 » dans un générique... Les jeunes asiatiques de France ne lisent pas tous que des mangas et ne sont pas tous passionnés uniquement par des films d’action. Nous avons le même humour et consommons la même culture que les autres français. En gros, les asiatiques de France ne sont clairement pas assez représentés dans nos films, ni à la télévision. Plus jeune, les seuls jaunes que je voyais à la télé c’était 「Les Simpsons」... Black, Blanc, Beur c’était en 98. La France est plus colorée que ça !

Tu sembles particulièrement actif sur les réseaux sociaux, comme les vidéos que tu postes régulièrement sur ta page Facebook ou ta chaine YouTube, peut-on dire que tu es un « youtubeur »?

J’ai commencé les vidéos sur YouTube en 2007 avec mes amis Djiby Badiane, Oumar Diaw, Fabrice Valsin, Samory Sakho et Hyacinthe Imayanga dans un programme court appelé 「LA CAGE」 dans lequel nous traitions des thèmes de l’actualité avec humour dans une cage d’escalier... Puis il y a eu ce buzz avec mon personnage Henri Tong de 「Beur sur la ville」 en 2011. Je m’amusais sur Facebook, j’improvisais des podcasts devant ma webcam et je balançais des vidéos tous les deux jours ! Certains étaient tombés dans le panneau en pensant que j’étais un vrai policier à la recherche de l’amour sur les réseaux sociaux. Je ne me sens pas forcément youtubeur, c’est juste un terrain de jeu immense le net ! Un moyen de m’amuser et de partager avec les gens qui me suivent.

En tout cas tu es un « buzz makeur »!

Je préfère DreamMaker et SmileMaker !

Le rire est-ce pour toi un domaine de prédilection ?

J’ai toujours été le plus petit à l’école et... dans la vie ! Je ne pouvais pas me battre contre les mecs méchants au collège, je pouvais juste vanner. En tant que comédien, j’aime vraiment tout jouer, ça ne veut pas dire que je sais tout jouer mais j’ai eu la chance d’interpréter des rôles vraiment différents à chaque fois.

L’une de tes vidéos qui nous a le plus marqués est sans conteste celle des « free bonne journée »/« free je vous aime ». On passe de l’humour à l’amour. Tu peux nous en dire plus ?

J’ai déjà fait une vidéo comme celle-là il y a deux ans. J’étais en tournage le dimanche qui a suivi les attentats... J’étais sur le plateau et je voyais des passants, déprimés, des visages fermés. J’avais envie de donner de l’amour et du rire, j’avais besoin de faire ça, c’était spontané. J’ai partagé la vidéo sur mon Instagram et ça a fait un « buzz ». Je ne m’y attendais pas et ce n’était surtout pas ce que je cherchais.

On se lance un peu dans la philosophie : amour et paris est-ce synonyme ou est-ce totalement antinomique ?

Je dirais synonyme ! Paris pour un mec de banlieue comme moi, c’est romantique de ouf !

Que représente Paris pour toi ?

Paris ? Une galère pour se garer en voiture ! C’est vraiment une belle ville. Je m’intéresse à l’architecture depuis peu, je lève la tête de mon smartphone et je m’émerveille devant nos beaux bâtiments comme un gosse !

Peux-tu nous parler des projets sur lesquels tu es en ce moment ?

Je joue cette année dans 「Le Passe-muraille」 avec Denis Podalydès pour Arte. Je vais également tourner cette année dans un film d’Audrey Estrougo pour Arte et prochainement dans un long métrage 「For Youv」 avec Oumar Diaw réalisé par Ibtissem Guerda et écrit par Oumar Diaw et Khalid Balfoul. Je co-écris mon premier Long métrage 「Minh」 avec Jimmy Laporal Trésor (l’un des auteurs de 「La Cité Rose」). C’est un film sur l’amour au temps de la science...

Quand tu n’es pas devant ou derrière la caméra, un spot sur Paris où boire un verre entre potes ou se faire une bonne bouffe ?

Je vais souvent boire des Bubble Tea dans le quartier japonais vers Pyramide. Pour la bouffe ? Dans le xiiième ! Pour retrouver des amis je vais souvent au Panam Art Café assister à des scènes ouvertes.

Steve, on veut venir te voir sur scène en 2016 : tu réalises notre rêve ?

Je suis en pleine écriture de mon premier spectacle ! J’espère pouvoir vous présenter quelque chose bientôt !

Propos recueillis par Les P’tits Parisiens
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Author: Les P'tits Parisiens /Date: January 16, 2016/Source: http://lesptitsparisiens.com/portraits/portrait-de-la-semaine-steve-tran/


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