Daniel Villarreal 「Pangina Heals, co-animatrice de ‘Drag Race Thailand’ : « Il y a une grosse différence entre moi et Michelle Visage »」

Posted on January 28, 2018
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Il est 3 heures du matin à Bangkok et Pangina Heals – co-animatrice de 「Drag Race Thailand」 – vient de terminer une longue soirée. J’avais espéré qu’elle serait en drag pour notre interview vidéo, mais après la performance qu’elle a donnée, elle a déjà retiré son maquillage et sa perruque et s’est mis dans le lit, torse nu, avec la webcam. L’homme derrière la drag est moitié thaï moitié taïwanais, il est plutôt mignon avec ses belles lèvres, ses grands yeux marrons et l’inscription « bats-toi » tatouée sur le pec gauche. Il est aussi un peu ivre.

Je lui demande de se présenter.

« Qui suis-je ? Je me pose la question tous les jours ! », répond-il. « Mon nom est Pangina Heals ».


Hornet 「Get Ready for the Very First Season of ‘Drag Race Thailand’!」 - posted on January 23, 2018.

La conversation s’oriente vite vers la popularité de 「RuPaul’s Drag Race」 en Thaïlande. Selon elle, l’émission a changé la vie de nombreuses personnes. Elle a mis un coup de projecteur sur les drag-queens et a permis à des performers comme lui de s’affirmer comme artistes dans le monde entier.

Dans certains endroits du globe, affirme Pangina, certains considèrent toujours le drag comme une forme de perversion, issue du désir d’un homme de devenir une femme. Mais désormais, dit-elle, « les gens commencent à comprendre que le drag n’a rien à voir avec le sexe ou le genre, mais plutôt la performance et le fait de rendre les autres heureux. »

Pour Pangina Heals, la plupart des spectateurs de 「Drag Race」 se fichent de savoir si le performer est un homme ou une femme. Ce n’est pas le sujet. Il s’agit de rire et d’être qui (ou ce que) vous voulez. Point à la la ligne.

Nous discutons de la perception hors Thailande que le drag dans ce pays se compose de « ladyboys » – de jeunes hommes qui s’habillent en femme pour séduire les hommes.

« On ne peut plus faire de généralisation sur quoi que ce soit désormais », répond-elle. « Mais les thaïs acceptent bien les filles trans, en particulier avec la popularité des concours de beauté Miss Tiffany » (ce concours de beauté pour femmes trans thaï se tient au mois de mai tous les ans).

Les femmes trans sont considérées comme des femmes en Thaïlande, affirme Pangina. « Je considère que nous faisons partie de la même famille, mais nous ne sommes pas la même chose. Il n’y a pas de mot en thaï pour désigner les drag-queens, donc nous disons “drag-queens” ».

Lorsqu’on évoque les différences entre le drag américain et le drag thaï, elle répond : « je pense qu’en général le drag est une question de créativité, d’art et d’expression de soi-même. Cela s’accompagne de la culture et de l’individualité. »

Elle reconnaît que beaucoup de thaïs aiment l’esthétique des « fishy queens » (ces drag hyper féminines qui pourraient passer pour des femmes), il ajoute « Mais ça ne veut pas dire que nous n’aimons que ce qui vient de la mer ».

Si 「Drag Race Thailand」 parvient à reproduire ne serait-ce que la moitié du succès de la version américaine, la série pourrait devenir un nouveau phénomène mondial. Donc comment Pangina Heals est-elle devenue la co-animatrice du show ?

« J’ai sucé pas mal de bites », répond-elle en blaguant (du moins on imagine)

Mais en vérité, Pangina Heals est sans doute la plus célèbre drag-queen de Thaïlande. Elle a déjà gagné le premier concours télé de drag-queens, intitulé 「T Battle」 et a participé à 「Thailand Dance Now」 et 「Lip Sync Battle Thailand」. Chaque semaine, elle anime par ailleurs des soirées à Maggie Choo’s, un bar de Bangkok.

En tant qu’animatrice de 「Drag Race Thailand」, Pangina Heals s’inscrit dans les pas de Michelle Visage, la vieille amie de RuPaul, souvent tranchante lorsqu’elle juge (elle dit que ses seins ne sont pas assez gros pour être considérée comme la version thaï de Michelle Visage)

Dans 「Drag Race Thailand」, Pangina sera aux côtés de Art Arya, un performer drag et styliste, avec qui elle affirme avoir une solide amitié. Pour Pangina, elles seront plus « sisters » que RuPaul et Michelle Visage dans la version américaine. « Mais évidemment, je suis une bitch qui juge les autres », s’empresse-t-il d’ajouter.

Nous lui demandons si elle a fait pleurer beaucoup de candidates dans la saison 1, elle répond qu’elle a essayé d’être constructive et évité de ne dire que des choses méchantes, mais « elles sont très stressées et subissent beaucoup de pression, donc bien sûr elles pleurent. Mais je pleure aussi. »

« Il faut comprendre que lorsqu’Alyssa Edwards dit “ce n’est pas personnel, c’est juste du drag”, je suis totalement en désaccord. Le drag est personnel. Le drag est qui vous êtes, et parfois c’est un moyen d’échapper au monde. Dans ce monde gay, on juge beaucoup. Parfois, quand vous êtes en drag, vous devenez une meilleure version de vous. Et quand on s’en prend à cette version de vous, bien sûr vous allez mal le prendre, parce que c’est quelque chose qui vous sert à trouver du réconfort et à guérir. »

Par contrat, Pangina Heals ne peut vient révéler de ce qui s’est passé sur le plateau de 「Drag Race Thailand」, saison 1. Donc je lui demande ce qu’elle a appris lorsqu’ils ont filmé l’émission.

« Vous n’avez pas idée de ce que c’est d’être assis là et de juger des gens qui se battent pour leur avenir, qui se battent pour leurs rêves et qui se battent quasiment pour leur survie. », affirme-t-elle. « C’est tellement fort et je ne m’attendais pas à ça. La première semaine, j’étais toujours à moitié en train de pleurer. Mais je ne l’ai pas montré. »

Pangina Heals s’attend à ce que le show soit principalement en thaï. (« avec des sous-titres, j’espère », ajoute-t-elle). Son contrat lui interdit de dire si RuPaul fait une apparition dans l’émission ou non mais lorsqu’on lui demande ce que « la mère de toutes les drag-queens » penserait des fans dans le monde entier qui téléchargeraient l’émission illégalement, elle a une réponse :

« Mon sentiment est que nous avons travaillé tellement dur pour cette émission que le piratage ne devrait pas être autorisé. Nous devons soutenir les artistes. »

Puis, il arbore un large sourire, ouvre ses grands yeux et reconnaît, que oui, lui aussi télécharge des vidéos aussi occasionnellement. « Mais du porno ! », dit-il. « D’abord du porno ! ».

Author: Daniel Villarreal/Date: January 28, 2018/Source: https://hornet.com/stories/fr/pangina-heals-michelle-visage/

Pangina Heals out of drag

Daniel Villarreal 「Pangina Heals, ‘Drag Race Thailand’ Co-Host: ‘There’s One Big Difference Between Me and Michelle Visage’」


It’s 3 a.m. in Bangkok, and Pangina Heals – co-host of the upcoming 「Drag Race Thailand」 – has just wrapped up a rather long evening. I had hoped to interview him on camera in full drag, but following the night’s gig he’s removed his face and is laying in bed shirtless with the webcam on. He’s a half-Thai, half-Taiwanese guy who’s cute out of drag – boyish with full coral lips, large brown eyes and a cursive tattoo on his left pec that says “Strive.” He’s also a little drunk.

I ask him to introduce himself.

“Who am I? I ask myself that every day!” he says. “My name is Pangina Heals.”

Conversation soon veers to the popularity of 「RuPaul’s Drag Race」 in Thailand. It’s a show that has changed countless people’s lives, he says. The series has singlehandedly brought drag to the mainstream and has allowed performers – like him – to be showcased as artists and affirmed around the world.

In some places around the globe, says Pangina Heals, people still think of drag as a form of perversion, born of a guy’s desire to become a woman. But now, he says, “People are understanding that drag isn’t about sex or gender, but about performance and making other people happy.”

But Pangina Heals insists most viewers of 「Drag Race」 don’t care whether a performer is male or female. It’s not about that. It’s about laughing and being whoever (or whatever) you are. Full stop.

We chat about the perception by those outside of Thailand that drag in the Asian country is nothing but “ladyboys” – young men who dress up as women to seduce straight men.

“You can’t make a generalization about anything in life anymore,” Pangina Heals says. “But Thai people are really accepting of transexual girls, especially with the popularization of the Miss Tiffany pageant shows.” (That annual beauty contest for trans Thai women is held every May.)

Trans women are considered women in Thailand, he says. “I would consider us under the same umbrella, but not the same thing. There is no Thai word for drag queens, so we call them ‘drag queens,’ you know?”

When asked about the differences between American drag and Thai drag, Pangina Heals says, “I think drag in general is about creativity and about art and about expressing who we are. And so with that comes culture and individuality.”

Though he admits many Thai people like the aesthetic of so-called “fishy queens” (those hyper-feminine drag queens who can pass for women), he adds, “But that doesn’t mean we don’t like anything else from the seafood genre.”

If 「Drag Race Thailand」 is able to achieve even half the response its American progenitor has received through the years, the series could become yet another worldwide phenomenon. So how did Pangina Heals find herself as this new series’ co-host?

“I sucked a lot of dick,” he responds, joking (we assume).

But the truth is that Pangina Heals is probably the most famous drag queen in all of Thailand. He’s a relentless self-promoter who won Thailand’s first reality TV drag competition – called 「T Battle」 – and he also competed on 「Thailand Dance Now」 and 「Lip Sync Battle Thailand」, two other well-known Thai shows. He also hosts weekly parties at the Bangkok bar Maggie Choo’s.

As the co-host of 「Drag Race Thailand」, Pangina Heals steps into the (literal) heels of Michelle Visage, a longtime friend of RuPaul who on the American series can be a foil at the judges’ panel and often acts as springboard for some of the show’s best one-liners. (Though he says his boobs are technically not big enough to qualify as the Thai version of Michelle Visage.)

Pangina Heals’ role on 「Drag Race Thailand」 will be opposite drag performer and fashion designer Art Arya, someone with whom he cites a great bond. He predicts their relationship on the show will come off as “more sisterly” than what we see between RuPaul and Visage on the American series. “But obviously I am a judgmental bitch,” he’s quick to clarify.

When asked how many contestant girls he destroyed during the filming – how many queens Pangina Heals reduced to tears during Season 1 – he says that while he tried to be constructive and not just say mean things, “They’re under a lot of stress and pressure, so obviously they cry. But I cry, too.”

“You have to understand,” he says, “when Alyssa Edwards says, ‘It’s drag, it’s not personal,’ I completely disagree, because drag is personal. It’s basically who you are, and sometimes it’s an escape from the world. And in this very judgmental gay world, sometimes when you get in drag you become the better version of you. And when that version of you is attacked, of course you’re going to feel negative and not OK, because that is where you go for solace and for healing.”

Pangina Heals is contractually obligated not to reveal anything from the taping of 「Drag Race Thailand」 Season 1, so questions about things like the craziest thing to happen on-set are off-limits. Instead I ask what he learned while filming.

“You have no idea what it’s like to sit there and judge people fighting for their future and fighting for their hopes and their dreams and basically fighting for survival,” he says. “It’s so impactful, and I didn’t expect that. The first week I was, like, mid-crying, but I didn’t show any emotion because it was so hard to digest.”

Pangina Heals expects that 「Drag Race Thailand」 will mostly be in Thai. (“Hopefully with subtitles,” he adds.) His contract keeps him from commenting on whether RuPaul himself makes an appearance on the show, but when asked whether he thinks the Mother of All Drag Queens – the “Supermodel of the World” – would think less of international fans who dare to pirate episodes of 「Drag Race Thailand」 to watch in other countries, he does have an opinion.

“I feel like because we worked so hard in filming and working on this show, pirating should not be allowed,” he says, “We should support these artists.”

Then he flashes a huge, toothy smile, his eyes opened wide, and admits – speaking out of the side of his mouth – that, yeah, he occasionally pirates things, too.

“But for porn!” he says. “Primarily for porn!”

Author: Daniel Villarreal/Date: January 23, 2018/Source: https://hornet.com/stories/pangina-heals-interview-drag-race/




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